La Loi Finance 2026 : Quels impact pour le PER ?

25/03/2026

La Loi Finance 2026 : Quels impact pour le PER ?

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) s’est imposé ces dernières années comme un dispositif de référence pour préparer un complément de revenus à la retraite, tout en proposant des mécanismes pouvant optimiser sa fiscalité(1).Les évolutions votées dans le cadre de la Loi de Finances pour 2026 (LF 2026) modifient toutefois les règles du jeu. Deux mesures majeures doivent particulièrement retenir l’attention :
1.    l’extension du report des plafonds de déduction fiscale de 3 à 5 ans,
2.    la suppression de la déduction fiscale pour les versements effectués après 70 ans.


1. L’allongement du report des plafonds de déductibilité : une nouvelle marge de manœuvre fiscale
Pour rappel, chaque année un titulaire de PER peut épargner sur son PER tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt sur le revenu. Ainsi, si des versements sont effectués sur le PER dans l’année, ils seront déduits de l’impôt dans la limite du plafond de déductibilité. En cas de versement dont le montant serait inférieur au plafond annuel, la part non utilisée est reportable. Sans versement dans l’année, c’est la totalité du plafond de déductibilité annuel qui est reporté.
Jusqu’ici, le PER permettait de reporter les plafonds de déduction non utilisés sur trois années, offrant une souplesse aux contribuables n’ayant pas pu verser régulièrement mais souhaitant bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu. Avec la loi de Finances 2026, ce délai est porté à cinq ans(2).
A noter : Vous retrouvez ce plafond intitulé « Plafond épargne retraite » sur votre avis d’imposition.

 

Quels impacts concrets pour les contribuables ?
L’allongement du report signifie que :

  • un épargnant pourra utiliser jusqu’à cinq années de plafonds de déductibilité non consommés. Ainsi, Si un plafond de déduction pour l'imposition des revenus de 2026 n’est pas utilisé ou partiellement, il pourra être utiliser pour augmenter le plafond de déduction pour l'imposition des revenus de 2027, 2028, 2029, 2030 ou 2031.
  • cette souplesse permet d’étaler des versements optimisés selon les variations de revenus (bonus, indemnités, départ en retraite, changement d’activité…).

Il s’agit d’un changement significatif pour toutes les personnes souhaitant optimiser leur fiscalité avant leur retraite, notamment dans une stratégie d’arbitrage entre effort d’épargne et TMI (taux marginal d’imposition)(3)


Faciliter les versements tardifs ou irréguliers
Pour les souscripteurs tardifs, de plus de 50 ans, la retraite est un sujet de réflexion. Cette mesure vise donc principalement ces épargnants qui entrent tardivement dans la démarche d’épargne retraite. Elle leur offre un véritable « effet de rattrapage » pour optimiser la déduction en fin de carrière.

 

2. Une rupture majeure après 70 ans : la fin de la déductibilité des versements
L’autre mesure phare de la loi de Finances 2026 concerne l’âge limite de la déduction fiscale.
Depuis le 1er janvier 2026, les versements réalisés sur un PER à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. 


Pourquoi cette mesure ?
L’objectif est de recentrer le PER sur son objectif initial : la préparation de la retraite, et non en faire un outil de défiscalisation successorale, souvent utilisé par les seniors fortunés pour réduire leur impôt tout en capitalisant des sommes transmises ensuite dans un cadre fiscal favorable.
Le gouvernement estime que ce « double avantage fiscal » coûtait trop cher aux finances publiques(4).


Conséquences directes pour les plus de 70 ans
La suppression de la déduction fiscale modifie profondément la stratégie des épargnants :
•    Les versements sur le PER restent possibles, mais n’offrent plus aucun avantage fiscal immédiat. Les versements volontaires seront donc possibles uniquement sur les compartiments des versements  non déductibles.
•    À la sortie en capital, les versements non déduits ne sont pas imposés, seuls les gains étant soumis au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) à 31,4 %(4).
•    En cas de sortie en rente, la fiscalité suit le régime des rentes viagères à titre onéreux, avec une part imposable décroissante selon l’âge.
Cette mesure peut inciter les plus de 70 ans à réorienter une partie de leur stratégie vers l’assurance vie, qui n’est pas concernée par la hausse de la CSG et conserve ses avantages successoraux. 

 

La LF 2026 modifie en profondeur la stratégie d’utilisation du PER.
Pour les moins de 70 ans, l’extension du report des plafonds à cinq ans constitue une excellente nouvelle, offrant davantage de flexibilité et une optimisation fiscale.
Pour les 70 ans et plus, en revanche, la disparition de la déductibilité marque une rupture majeure qui rend les versements moins pertinents fiscalement.

 

(1)    Selon la fiscalité en vigueur, sous réserve d’une modification ultérieure de la règlementation fiscale » lorsque l’on parle ou mentionne une fiscalité avantageuse
(2)     https://www.previssima.fr/actualite/per-cest-officiel-le-report-des-plafonds-de-deduction-etendu-a-5-ans.html  
(3)    https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/quoi-correspondent-le-taux-moyen-et-le-taux-marginal-dimposition-affiches-sur   
(4)    https://www.planet.fr/finances-personnelles-per-la-fin-de-la-deduction-fiscale-apres-70-ans-actee-pour-2026.2993457.1399.html